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Cette chronique propose des textes écrits par notre ami Eric Garnier-Audebourg, artiste peintre qui a aussi une jolie plume.

Comment et pourquoi je suis devenu royaliste

On me demande pourquoi et comment je suis devenu royaliste. Je ne suis pas devenu royaliste. Je l’étais depuis toujours et je ne le savais pas. Comment aurais-je pu le savoir étant né et ayant grandi en république dans un milieu qui n’avait pas plus que moi le choix de se croire autre chose que républicain ? Un demi siècle, il m’a fallut un demi siècle pour me libérer de cette illusion. J’exagère en disant « me libérer ». Ce n’est pas moi qui me suis libéré, il m’a fallu de l’aide. Celle de la République par exemple, aide involontaire mais aide tout de même car plus je la voyais faire et moins je l’aimais. La voir n’être gênée de rien, ni de ses mensonges ni de ses violences ni de ses commerces ni de ses serviteurs et autres mécènes affairistes sans foi ni loi, en un mot de son injustice m’a aidé oui à faire un pas de côté, à la regarder pour ce qu’elle est. Une idéologie, la grande découverte née de la déception fut celle ci. La république est un concept, une idée, une abstraction ! C’est à dire un objet qui ne sert, n’obéit qu’à ceux qui le tiennent et ceux là ne sont pas les populations, jamais. La déception fit alors place au dégoût quand je vis l’autre grand secret qui pourtant est sous les yeux de tous.  Les Princes de la République ont réussi à se faire passer pour les représentants des populations, pour les défenseurs de leurs intérêts et, alors qu’ils s’enrichissent toujours plus, le mensonge tient encore et toujours et quand il est prêt de tomber, la république cogne (ils font cogner et pire que ça encore). Elle va jusqu’à faire arracher les yeux des forces de secours, pompiers, infirmières par ses forces de l’ordre… Oui à coup d’armes à feu chargées de balles plastiques. La République c’est ça. Un mensonge de liberté, d’égalité et de fraternité qui n’hésite pas à tirer quand des citoyens découvrent enfin ce qu’elle est. Une association de malfaiteurs qui vit de tromperies, de trafics et de violences.

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Un régime qui ment autant sur le présent ne pouvait que me pousser à me poser la question de son honnêteté sur le passé et particulièrement sur l’affreux régime précédent dont la république se vante sans cesse de nous avoir sauvé. Comprendre ce qu’elle est au plus profond d’elle même fut bien plus efficace encore pour me défaire de ses illusions. La république nie l’existence de Dieu. Voilà tout et cela n’a l’air de rien. La république nie l’existence de Dieu : oui et alors ? Et alors elle le nie mais réclame pour elle l’adoration qui jusque là allait à l’idée que les hommes avaient du surnaturel. De nier Dieu à en prendre la place il n’y a qu’un pas et elle le franchit chaque jour. Elle ne reconnait plus qu’elle même, ni ordre surnaturel ni ordre naturel ne comptent. Trafiquer l’humain jusque dans le ventre des mamans est permis selon elle. Non seulement permis mais obligatoire. Faisons l’homme nouveau, dit-elle, et commençons par maltraiter ce qu’il est, par tous les moyens. Un enfant peut être assassiné le jour de sa naissance, vendu pour ses organes aussi, c’est bien, dit-elle.  Bien pour qui au juste ? La même n’hésite pas à bombarder des civils partout où ses affaires sont gênées et ce bien sûr au nom de la liberté, de la démocratie, des lumières et de tous les grands mots capables de plier l’esprit affaibli de ceux qu’elle abrutit depuis leur premier jour d’école jusqu’au dernier souffle devant la télé, dans les établissements où on se débarrasse des vieux. Ainsi peu à peu, la sympathie pour le petit royaume de France a succédé à l’adoration aveugle pour la république. L’instinct aussi a joué son rôle. Les oeuvres qui datent du temps du royaume et qui ont survécu à la révolution témoignent d’une compréhension des arts de loin supérieure à celle du matérialisme républicain. Finesse et nuance face à vulgarité et facilité, et c’est un peintre matiériste (parait-il) qui vous le dit !

Je ne peux pas charnellement aimer une idéologie. Je peux l’adorer, hélas, mais, Dieu merci, je ne peux l’aimer. L’aimer simplement comme on aime ceux qu’on aime. Je ne peux aimer une illusion qui refuse l’existence du surnaturel en en réclamant les égards, les passions, les adorations, qui combat la nature jusque dans la chair des bébés tout en se faisant appeler progrès, lumière, fraternité. J’ai essayé mais non je ne peux pas, je ne veux pas. Je préfère aimer un père de famille et son épouse en roi et reine de mon petit royaume de France.

Un roi, le roi  
Une loi, la loi
de Dieu et de coutume
Un homme, son épouse.
Pour un pays, mon pays
Un roi, le roi.
Une reine, la reine
A genoux devant un curé,
Un pauvre curé de campagne
Que tous voient bien qu’ils ne se prennent pas pour Dieu
Qu’eux-même gardent bien cela au coeur
Pour mon petit royaume de France
Une reine, la reine
Un roi, le roi.

Ainsi soit il !

Eric Garnier-Audebourg

mis en ligne le 29/08/2020

Buste de Marianne

Quand on se marie à la mairie, c'est sous le regard de la déesse République.

La République a voulu se passer de Dieu et a choisi une femme imaginaire coiffée d'un bonnet phrygien pour le remplacer.

Poème royaliste

Un roi, le roi

Un roi, le roi

Ni plus ni moins

Je ne veux pas un roi

Je veux le roi

 

Mon roi

De droit

De loi

De coutume

 

Celui là, pas un autre

Ni trop fier

Ni sans orgueil 

Humble et simple

 

Pour moi

Pour toi 

Fou d'amour pour son petit pays

Ô petit royaume de France

Un roi, le roi

 

Eric Garnier-Audebourg

mis en ligne le 28/06/2020

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Le roi à genoux

J'ai reçu un sacrement auquel je n'avais pas droit. Baptisé mais seulement baptisé, nullement instruit en ces choses mystérieuses et surnaturelles de je ne sais qui ni d'où exactement, j'ignorais que pour recevoir le corps du Christ à l'église il fallait avant cela observer un tas de règles et encore satisfaire à un autre tas d'examens et de vérifications, parfaitement. J'ai donc été amené, oui amené et vous verrez pourquoi et comment, à voler le corps du Christ, voler Dieu. Heureusement je ne savais pas ce que je faisais sinon la trouille m'en aurait empêché, pour mon malheur je crois.

C'était au mois de janvier, une messe était donnée le samedi matin le plus proche de la date anniversaire de la mort de feu notre roi Louis XVI, messe donnée à sa mémoire en la Chapelle Saint Jean Baptiste à Toulouse. En royaliste tombé de la dernière pluie je n'y allais pas pour Dieu mais pour le roi, pour le royaume, pour ce petit pays et pour faire nombre avec ceux qui les plaignent et les espèrent encore et toujours. Absolument pas pour Dieu car même si par la prière j'ai arrêté tabac, alcool et drogue, ma foi s'arrêtait à peu près là, mes affaires avec Dieu étant bien établies et depuis longtemps, chacun chez soi et bonjour chez vous, merci. Je n'y pensais donc pas une seconde. Oui mais voilà il s'est passé tout autre chose à cet office. D'abord, je suis arrivé avec quelques deux ou trois minutes de retard et me suis installé au dernier rang, place qui permet de partir avant la fin. Immédiatement, j'ai su que je ne pouvais, ni ne voulais, être là en curieux, en touriste, en voyeur et me suis dit que je devais, par respect, faire ce que je voyais les autres faire. Un signe de croix quand ils faisaient le signe de croix, dire amen quand ils le disaient et m'agenouiller ou me lever quand c'était le moment de le faire. C'était ma résolution. Tu parles !

Là, mon esprit s'est mis à regimber comme il sait le faire quand quelque chose s'impose à lui en partant dans toutes les directions, vite et loin. D'abord le cynisme, le mépris pour ces rites, ces superstitions risibles et navrantes, puis la colère d'être là à les endurer, moi, (au moins, à la Mosquée, il y a des tapis pour ne pas s'abîmer les genoux me disais-je ricanant, ils sont moins bêtes que nous !) et puis la honte d'avoir eu toutes ces pensées. Après tout même si ce ne sont que des superstitions maladroites, en ai-je la preuve ? Et surtout de quel droit puis-je les prendre de haut, elles et ces gens qui les respectent de leur mieux ? M'ont ils ordonné de venir à cette messe ? Non, ils ont seulement laissé la porte ouverte, alors est venue la douleur d'être passé par tout ça, d'être à genoux et d'avoir mal à l'âme comme au corps, de me sentir ridicule, si ridicule, respirant trop fort et me demandant combien de temps mes genoux allaient tenir le poids de mon corps, anticipant la honte de devoir quitter la position avant le moment où les autres le feraient. Temps interminable. Je ne sais toujours pas comment, ni pourquoi, mon esprit enfin s'est calmé pour céder, je n'en reviens pas, devant quelque chose d'infiniment doux qui venait là me toucher enfin et j'ai pleuré. Un peu aussi discrètement que je le pouvais et refoulant cela bien vite tout en regrettant de le faire, le repoussant déjà à peine l'avais-je un peu accueilli. La fin de la messe approchait et j'ai cru avoir le droit, après m'être posé la question comme un enfant, d'aller recevoir le corps du Christ, j'ai bien regardé comment les autres faisaient et j'ai fait pareil, à genoux. J'ai regagné ma place en évitant de croiser les regards craignant un peu d'avoir manqué quelque chose et ai attendu la fin, voyant les gens mettre (encore !) un genou à terre avant de partir, j'ai de nouveau comme eux mis un genou à terre mais, ô surprise, apaisé, heureux, fier de le faire, j'y ai gagné un moment de paix supplémentaire et le sourire doux et franc d'une femme élégante qui semblait d'un rang bien supérieur au mien. Je suis reparti d'une humeur que je ne me connaissais pas et dont je ne me savais pas capable. C'était moi et un autre et c'était mieux que moi seulement.

 

C'est très bien me direz vous mais quel rapport avec votre royalisme naissant ? Certes, il y en a un, je suis sûr qu'il y en a un, je vous promets de vous le dire dès que j'aurais su mettre la main dessus.

 

Eric Garnier-Audebourg

Mis en ligne le 1/04/2020 

statue_de_Louis_XVI_à_genoux_basilique_

Louis XVI priant, basilique royale de Saint-Denis